Buying Process & Basics

Acheter un appartement en Espagne sans se tromper : le guide pas à pas

Découvrez le guide pas à pas pour acheter un appartement en Espagne sans erreur : démarches, frais, légal, financement. Toutes les étapes claires pour réussir votre projet.

Sommaire

Acheter un appartement en Espagne est un rêve séduisant. Mais entre les spécificités juridiques, les démarches administratives et les pièges immobiliers, l’enthousiasme peut vite se transformer en casse-tête. Avec une méthode claire et les bons repères, ce projet devient accessible et parfaitement sécurisé. Ce guide pas à pas vous accompagne de la première recherche à la remise des clés. Il vous dévoile les étapes essentielles, les documents à exiger et les erreurs à éviter absolument. Vous y trouverez toutes les clés pour négocier sereinement, comprendre les frais annexes et finaliser votre achat en toute confiance, sans mauvaise surprise.

Comprendre les bases avant de commencer

Pourquoi acheter en Espagne et quels sont les pièges courants

L’Espagne séduit. Soleil, art de vivre, et des prix au mètre carré parfois bien inférieurs à ceux de la France ou du nord de l’Europe. Mais l’enthousiasme retombe vite face aux différences légales et administratives qui déroutent la plupart des étrangers. Premier piège classique : les charges de copropriété impayées. En Espagne, l’acheteur peut hériter des dettes du vendeur auprès de la communauté de propriétaires, même si elles ne figurent pas au registre foncier. Autre écueil fréquent, l’achat d’un bien construit sans licence définitive. De nombreuses maisons, surtout en zone rurale ou côtière, présentent des irrégularités urbanistiques qui bloquent toute revente ou location légale. Enfin, on sous-estime systématiquement les frais annexes. Entre la taxe de mutation (ITP ou IVA), les honoraires de notaire, les frais de registre, la gestion bancaire et les taxes municipales, comptez de 8 % à 14 % du prix d’achat en frais additionnels, selon que le bien est neuf ou ancien. Une vérification juridique préalable par un avocat indépendant – dont les honoraires vont de 1 500 € à 3 500 € par dossier – n’est pas un luxe. C’est une nécessité absolue.

Le rôle du NIE et son obtention

Sans NIE, aucun projet immobilier n’aboutit. Ce numéro d’identification d’étranger est exigé pour signer le contrat de réservation, ouvrir un compte bancaire espagnol, payer les impôts liés à la propriété et finaliser l’acte chez le notaire. Son obtention est bureaucratique, mais simple si l’on suit les étapes. Il faut prendre rendez-vous en Espagne, soit au commissariat de police compétent, soit auprès d’un consulat espagnol à l’étranger. Vous devrez présenter un passeport en cours de validité, un formulaire EX-15 dûment rempli, une preuve de paiement de la taxe (environ 9 € à 12 € selon le type de démarche), et parfois une justification du motif de la demande – par exemple, l’intention d’acheter. Le traitement prend généralement de deux à quatre semaines. Mais les créneaux de rendez-vous peuvent être rares dans les grandes villes comme Madrid, Barcelone ou Alicante. Une astuce : déléguer cette formalité à un avocat local, qui peut agir par procuration et vous éviter un déplacement inutile. Ses honoraires pour cette seule mission varient de 150 € à 400 €. Munissez-vous de votre NIE avant même de chercher un bien. Cela vous placera en position de force pour négocier, car les vendeurs savent qu’un acheteur sans NIE est souvent un acheteur qui traîne.

Définir le budget réel et les coûts cachés

Avant de visiter le moindre appartement, sortez la calculatrice. Le prix affiché sur les portails immobiliers ne suffit pas. En Espagne, le budget « réel » d’un achat dépasse toujours le prix du bien, parfois de manière significative. Sous-estimer ces frais annexes est l’erreur la plus courante des acquéreurs étrangers. Elle peut compromettre tout le projet.

Prix d’achat et frais annexes obligatoires

Au-delà du prix négocié avec le vendeur, prévoyez entre 8 % et 14 % supplémentaires pour les taxes et les frais de mutation. Cette fourchette varie selon que vous achetez un bien neuf ou de seconde main. Pour un appartement de revente, la taxe de transfert de propriété (ITP) s’applique. Son taux est fixé par chaque communauté autonome et oscille généralement de 6 % à 10 % du prix d’achat. Pour un bien neuf, vous paierez la TVA (IVA) à hauteur de 10 %, à laquelle s’ajoute l’impôt sur les actes juridiques documentés (AJD), soit de 1 % à 1,5 % du montant. Ces taxes sont non négociables et doivent être payées dans les 30 jours suivant la signature chez le notaire.

Honoraires et frais de notaire, registre et banque

Viennent ensuite les professionnels qui sécurisent la transaction. Un avocat indépendant est indispensable pour vérifier la situation juridique du bien : charges impayées, licences d’urbanisme, dettes de la communauté. Il facture généralement de 1 % à 2 % du prix d’achat. Les frais de notaire et d’inscription au registre de la propriété s’élèvent, eux, à de 0,5 % à 1,5 % du prix. N’oubliez pas non plus l’ouverture d’un compte bancaire espagnol : elle est obligatoire pour payer ces frais, les taxes, et pour mettre en place les prélèvements automatiques des charges de copropriété et des factures d’eau, d’électricité ou de gaz. Certaines banques facturent des frais d’ouverture ou de tenue de compte, souvent de 0 € à 15 € par mois selon le type de compte et les conditions de domiciliation.

Gardez enfin une marge de sécurité d’au moins 2 % à 3 % du prix pour les imprévus : réparations urgentes (fuite, chaudière), remplacement d’électroménager, ou frais de déménagement. Un budget réaliste ne se résume jamais au prix du bien, mais à une enveloppe globale intégrant tous ces postes. C’est cette discipline qui vous permettra de signer sereinement, sans mauvaise surprise après la remise des clés.

Rechercher et sélectionner un appartement

Définir la zone et les critères pratiques

Avant de commencer les visites, déterminez précisément la région, la ville et le quartier adaptés à votre mode de vie. Pour une résidence principale, privilégiez la proximité des transports, écoles, commerces et services de santé. Si vous comptez louer le bien, étudiez la demande locative locale : les quartiers près des universités, zones d’activité ou stations balnéaires offrent généralement de meilleurs rendements. Ne vous fiez pas aux seules photos ou descriptions en ligne. Visitez plusieurs biens à différents moments de la journée – un appartement calme le matin peut être bruyant le soir, et l’ensoleillement varie selon l’orientation et la saison. Observez aussi l’ambiance du quartier en semaine comme le week-end, et repérez d’éventuels travaux à proximité. Un critère souvent oublié : la qualité de l’isolation phonique et thermique, qui impacte directement vos charges et votre confort.

Vérifier l’annonce et poser les bonnes questions

Une annonce attrayante peut cacher des réalités complexes. Lorsque vous contactez l’agence ou le vendeur, exigez le numéro de référence cadastrale. Il permet de vérifier auprès du cadastre la surface exacte, la nature de la construction et les éventuelles servitudes. Demandez aussi l’année de construction – un immeuble ancien peut nécessiter des travaux de mise aux normes électriques ou de plomberie – ainsi que l’état de la copropriété. Interrogez sur les charges mensuelles, qui varient de 50 € à 250 € selon les services inclus (ascenseur, piscine, gardien, chauffage collectif). Renseignez-vous sur les provisions pour travaux votées lors des dernières assemblées générales : un ravalement ou le remplacement d’une chaudière collective peut coûter plusieurs milliers d’euros par propriétaire. Méfiez-vous des prix anormalement bas – un écart de plus de 20 % sous les moyennes du quartier doit attirer votre attention. Cela cache souvent des problèmes structurels (fissures, humidité), des servitudes non mentionnées ou des litiges juridiques. Enfin, demandez le certificat d’efficacité énergétique, obligatoire en Espagne, et le dernier procès-verbal d’assemblée générale pour repérer d’éventuels contentieux. Ces vérifications préliminaires vous éviteront des déconvenues coûteuses après la signature.

Faire une offre et signer le contrat de réservation

Le contrat de réservation (contrato de reserva)

Vous avez trouvé le bien idéal. La première étape concrète consiste alors à signer un contrat de réservation. Très courant en Espagne, ce document retire officiellement le logement du marché pour une période donnée, généralement deux à quatre semaines. Vous versez à cette occasion une somme modeste, souvent entre 3 000 € et 6 000 €, directement au vendeur ou à l’agence. Cet argent n’est pas perdu : si l’achat aboutit, il est déduit du prix final. En revanche, une rétractation sans motif valable vous le ferait perdre intégralement. D’où l’importance de ne signer qu’après une première vérification des documents clés — nota simple, certificat de la communauté de copropriété, permis d’occupation — par votre avocat. Le contrat doit préciser le délai de réservation, le montant versé, et les conditions de restitution si des problèmes surgissent lors des vérifications approfondies.

Négocier le prix et les conditions

Négocier fait partie intégrante de l’achat immobilier en Espagne, et il serait dommage de s’en priver. Si le bien traîne sur le marché depuis plusieurs mois, ou si le vendeur est pressé — déménagement, succession, besoin de liquidités —, votre marge de manœuvre est réelle. Une approche courante ? Proposer un prix inférieur de 5 % à 10 % au prix affiché, en justifiant par des éléments concrets : travaux à prévoir, charges élevées, ou ventes récentes comparables dans le quartier. Mais ne vous limitez pas au prix. Les conditions suspensives comptent tout autant. Exigez, par exemple, que l’achat dépende de l’obtention de votre prêt hypothécaire, avec un délai précis pour la banque. Demandez aussi que la vente soit subordonnée à la vérification de la situation légale du bien — absence d’hypothèques impayées, de saisies, de dettes de la communauté. Chaque clause doit être soigneusement rédigée et validée par votre avocat avant signature. Une offre écrite, accompagnée d’un petit dépôt de garantie (souvent 1 % à 2 % du prix), montre votre sérieux au vendeur, fait pencher la balance en votre faveur, et vous protège juridiquement.

Vérifications juridiques et techniques avant l’achat

Le certificat de dette et les charges de copropriété

Avant toute signature, exigez deux documents clés pour vous protéger contre les mauvaises surprises financières. Le premier est le certificado de deuda, délivré par la mairie de la commune où se situe le bien. Ce document officiel confirme que le vendeur est à jour de ses impôts fonciers (l’IBI, l’équivalent de la taxe foncière espagnole). Sans lui, vous pourriez devenir légalement responsable des arriérés impayés, avec des pénalités de retard parfois lourdes. Demandez-le systématiquement, même si l’agent immobilier vous assure que tout est en règle.

Le second document, tout aussi indispensable, est une attestation écrite du président de la copropriété (ou du secrétaire, selon le fonctionnement de la communauté). Elle doit confirmer noir sur blanc que toutes les charges de communauté (entretien des parties communes, ascenseur, eau collective, etc.) sont intégralement payées à la date de la vente. Ne vous contentez pas d’une confirmation verbale. En Espagne, la loi permet de poursuivre le nouveau propriétaire pour les dettes de l’ancien auprès de la copropriété, même si elles sont antérieures à votre achat. Une attestation écrite, datée, signée et cachetée par la communauté est votre seul bouclier. Si le vendeur refuse de la fournir, considérez cela comme un signal d’alarme majeur.

L’énergie et l’état du bâtiment

Le certificat de efficiencia energética est obligatoire pour toute vente immobilière en Espagne. Le vendeur doit vous le remettre à la signature de l’acte de vente, et il doit être enregistré auprès des autorités régionales. Ce document classe le logement de A (très économe) à G (très énergivore) et vous indique les coûts de chauffage et de climatisation à prévoir. S’il n’est pas fourni, la vente peut être annulée ou vous pouvez obtenir une réduction de prix. Méfiez-vous des certificats « génériques » : ils doivent reposer sur une visite réelle du bien.

Pour l’état structurel, ne vous fiez jamais à votre seul coup d’œil, même expérimenté. Faites appel à un architecte ou à un technicien indépendant (un aparejador ou un ingeniero) pour une inspection complète. Ce professionnel vérifiera la structure porteuse, les installations électriques et de plomberie, l’étanchéité de la toiture, ainsi que la présence de fissures ou d’humidité. Cette inspection est cruciale si l’immeuble a plus de 30 ans, car de nombreux bâtiments espagnols des années 1960 et 1970 présentent des défauts de construction (absence d’isolation, canalisations en plomb, etc.). Le coût, généralement de 300 € à 600 € pour un appartement standard, est dérisoire comparé aux dizaines de milliers d’euros de travaux que vous pourriez devoir engager après l’achat. Demandez toujours un rapport écrit détaillé, qui pourra aussi servir de levier de négociation sur le prix final.

Signer le contrat de dépôt (arras) et le compromis

Le fonctionnement des arras

Une fois votre offre acceptée, l’étape suivante consiste généralement à verser des arras. Ce contrat de dépôt vous engage à remettre au vendeur, en général, 10 % du prix convenu. Très répandu en Espagne, ce mécanisme lie fermement les deux parties. Si vous vous rétractez sans motif valable, vous perdez définitivement cette somme. En revanche, si le vendeur change d’avis, il doit vous restituer le double de l’acompte reçu. Cette dissymétrie protège l’acheteur contre les retournements de dernière minute. Avant de signer, faites rédiger un document précisant les conditions exactes de restitution. Inscrivez notamment le cas où votre banque refuserait le prêt immobilier. Sans cette clause, vous risquez de perdre vos arras si le financement échoue pour une raison non prévue. Prévoyez aussi un délai butoir pour l’obtention de l’hypothèque, ainsi que la ventilation des frais en cas d’annulation. Le pourcentage est négociable : certains vendeurs acceptent 5 %, d’autres exigent 15 % sur les biens très convoités. Dans tous les cas, versez par virement bancaire traçable, jamais en espèces. Le reçu doit mentionner l’identité complète des parties et la référence cadastrale du logement.

Le compromis de vente (contrato de compraventa)

Avant de vous rendre chez le notaire pour l’acte définitif, vous signerez presque toujours un compromis de vente, appelé contrato de compraventa. Ce document fixe la date précise de la signature finale, le prix définitif, et surtout les pénalités encourues en cas de non-respect des engagements par l’une ou l’autre partie. Plus détaillé que les arras, il sécurise juridiquement la transaction pendant les semaines qui séparent l’accord de la remise des clés. Votre avocat indépendant doit impérativement le relire avant toute signature. Sa mission : vérifier que le vendeur dispose bien du droit de vendre, c’est-à-dire qu’il est le seul propriétaire ou que tous les copropriétaires ont donné leur accord. Il contrôlera aussi l’absence d’hypothèque cachée, de saisie judiciaire, de servitude non déclarée (comme un droit de passage) ou de charges impayées de la communauté de copropriétaires. Pour cela, il demandera une note simple au registre de la propriété, qui coûte généralement de 10 € à 15 € par consultation, et fera réaliser un certificat de dette auprès de la communauté, facturé entre 30 € et 60 €. Le compromis doit également préciser ce qui advient des arras si l’une des parties ne se présente pas le jour J. Enfin, incluez-y une clause suspensive liée à l’obtention du prêt, avec un délai maximal, afin de ne pas être piégé par un refus bancaire tardif.

La signature finale chez le notaire

Vous y êtes presque. La dernière étape se déroule chez le notaire espagnol. C’est elle qui officialise votre achat. Ce jour-là, vous signez la escritura pública, l’acte authentique qui fait de vous le propriétaire légal du bien. Ne sous-estimez pas ce rendez-vous. Il est le point culminant de plusieurs semaines de démarches, et tout doit être parfaitement préparé en amont.

Le contenu de la escritura pública

La escritura pública est un document long et technique, rédigé en espagnol. Le notaire le lit intégralement à voix haute. Ce n’est pas une simple formalité. Il a l’obligation légale de vérifier l’identité des parties, via vos passeports et votre NIE, ainsi que la capacité juridique des vendeurs. Il contrôle surtout la situation juridique du bien : charges cachées, hypothèques non levées, dettes de copropriété, problèmes d’urbanisme. Tout écart pourrait invalider la vente. Il s’assure aussi que le prix déclaré correspond au montant indiqué dans le contrat de réservation, et que les taxes—plus-value municipale, ITP ou TVA—ont été ou seront correctement réglées.

Ce jour-là, apportez votre NIE et votre passeport en cours de validité. Ajoutez les justificatifs de paiement des taxes locales et régionales, ainsi que le certificat de la banque attestant que le virement du prix a été effectué ou est prêt à l’être. Le notaire lit le document en espagnol. Si vous ne maîtrisez pas la langue, un traducteur assermenté ou un avocat bilingue doit être à vos côtés. Pas pour traduire mot à mot, mais pour expliquer les clauses clés et signaler tout écart par rapport à ce qui a été convenu.

Le paiement et l’enregistrement au registre foncier

Le paiement se fait généralement par virement bancaire le jour même, souvent juste avant ou après la signature, en présence du notaire qui atteste de la réception des fonds. Le chèque de banque est rarement accepté. Le virement reste la méthode la plus sûre pour tracer la transaction. Une fois la signature apposée et le paiement confirmé, le notaire transmet l’acte au Registro de la Propiedad de la province où se situe le bien. Cet enregistrement rend votre propriété opposable aux tiers. Sans lui, un vendeur malhonnête pourrait revendre le bien, ou un créancier saisir le logement sans que vous puissiez vous y opposer. L’inscription peut prendre de quelques semaines à deux mois, selon la charge de travail du registre. Pendant cette période, vous n’êtes pas encore officiellement inscrit, mais la date de l’acte notarié vous protège. Une fois l’enregistrement finalisé, vous recevez une copie de l’inscription, qui constitue votre titre de propriété définitif. Les frais de notaire et d’enregistrement varient selon le prix du bien. Comptez en général entre 600 € et 2 500 € pour l’ensemble, selon la complexité du dossier et la valeur de l’appartement.

Après l’achat : formalités et vie quotidienne

Les impôts et les services à mettre en place

Une fois les clés en main, le calendrier fiscal espagnol vous impose une échéance précise : sous 30 jours après la signature chez le notaire, vous devez régler l’impôt de transmission patrimoniale (ITP) pour un bien d’occasion, ou la TVA (IVA) pour un bien neuf. Pour l’ITP, le taux varie selon la communauté autonome, généralement entre 6 % et 10 % du prix d’achat ; pour l’IVA, il est fixé à 10 % pour les résidences. Le paiement se fait via le formulaire modèle 600 (ITP) ou modèle 620 (IVA), à déposer auprès de l’agence fiscale régionale, ou par un représentant fiscal si vous résidez à l’étranger. Ne négligez pas cette étape : les pénalités de retard sont proportionnelles au montant dû.

En parallèle, activez les contrats d’énergie. Contactez les fournisseurs d’électricité, d’eau et de gaz pour transférer les compteurs à votre nom, en fournissant le numéro de référence du bien et votre NIE. Les frais de mise en service varient, mais comptez en moyenne de 80 € à 200 € par service selon la puissance souscrite et la région. Informez aussi la copropriété (comunidad de propietarios) de votre changement de propriétaire, afin de recevoir les convocations d’assemblée et les charges mensuelles. Si vous n’avez pas encore de compte bancaire espagnol, ouvrez-en un : il est indispensable pour les prélèvements automatiques des factures et des charges de copropriété. L’ouverture est gratuite dans la plupart des banques en ligne, mais certaines entités physiques facturent des frais de tenue de compte de 10 € à 30 € par mois.

La location et l’entretien de l’appartement

Si vous optez pour la location, sachez que les revenus locatifs sont imposables en Espagne, même pour les non-résidents. Vous devrez déclarer vos loyers via le modèle 210 (trimestriel) ou le modèle 100 si vous êtes résident fiscal. Le taux d’imposition pour les non-résidents est de 19 % pour les ressortissants de l’UE, et de 24 % pour les autres. Respectez aussi les règles locales : le dépôt de garantie légal est de deux mois de loyer (un mois pour les baux de longue durée dans certaines régions), et le contrat de bail doit être rédigé en espagnol, avec une durée minimale de 5 ans si le locataire en fait la demande.

Pour l’entretien, anticipez un budget annuel d’environ 1 % de la valeur du bien, soit par exemple de 1 500 € à 3 000 € par an pour un appartement valant 150 000 € à 300 000 €. Cette somme couvre les réparations courantes (plomberie, peinture, électroménager) et les charges imprévues, comme une fuite ou un remplacement de chauffe-eau. N’oubliez pas non plus les frais de copropriété, qui s’élèvent en moyenne de 40 € à 120 € par mois, selon les services inclus (ascenseur, piscine, gardien). Un suivi régulier de l’état du bien, idéalement deux visites par an si vous êtes absent, vous évitera des dégradations coûteuses.

Conclusion

Acheter un appartement en Espagne est un projet ambitieux, mais tout à fait réalisable avec une méthode rigoureuse, de la recherche initiale jusqu’à la signature chez le notaire. Ne brûlez jamais les étapes. Vérifiez la situation juridique du bien, obtenez votre NIE avant toute offre, et faites appel à un avocat local indépendant pour sécuriser chaque paiement. Une fois votre budget total défini—taxes et frais compris—votre prochaine action concrète est de contacter un professionnel de confiance. Lancez la due diligence sur le premier appartement qui correspond vraiment à vos critères. La patience et la transparence sont vos meilleures alliées. Chaque document contrôlé aujourd’hui vous évite des litiges coûteux demain. Armez-vous de cette checklist, et prenez rendez-vous avec un expert immobilier espagnol pour transformer votre projet en réalité sereine.

Questions fréquentes

Quelles sont les premières étapes pour acheter un appartement en Espagne ?
Commencez par définir votre budget et obtenir une pré-autorisation hypothécaire si nécessaire. Ensuite, recherchez des biens sur des portails immobiliers ou via une agence locale, et vérifiez la situation juridique du logement (charges, dettes, licences) avant de faire une offre.
Ai-je besoin d'un NIE (Numéro d'Identification d'Étranger) pour acheter en Espagne ?
Oui, le NIE est obligatoire pour toute transaction immobilière en Espagne, que vous soyez résident ou non-résident. Vous pouvez le demander au consulat espagnol de votre pays ou en Espagne auprès de la police, en présentant votre passeport et un justificatif de votre intention d’achat.
Comment se déroule la négociation du prix et la réservation de l'appartement ?
Une fois que vous trouvez un bien, vous faites une offre écrite au vendeur. Si elle est acceptée, vous signez un contrat de réservation et versez un acompte (généralement de 3 000 à 10 000 euros, ou 1 à 2 % du prix) pour retirer le bien du marché pendant que vous préparez les documents.
Quels documents dois-je préparer pour la signature de l'acte de vente ?
Vous aurez besoin de votre NIE, passeport, preuve de fonds (relevés bancaires), et si vous financez, l’offre hypothécaire approuvée. Le notaire vérifiera aussi le certificat énergétique, la dernière quittance de l’IBI et l’absence de dettes de la communauté de copropriétaires.
Quels sont les frais annexes à prévoir en plus du prix d'achat ?
Prévoyez entre 8 et 12 % du prix d’achat en frais supplémentaires, incluant la taxe de mutation (6 à 10 % selon la région), les honoraires du notaire (600 à 1 500 euros), le registre de la propriété (300 à 700 euros), et les frais d’agence (3 à 5 % du prix).
Comment fonctionne le paiement de l'acompte lors de la signature du contrat privé ?
Au contrat privé (arras), vous versez généralement 10 % du prix total au vendeur. Ce montant est déduit du prix final, mais si vous vous retirez sans motif valable, vous le perdez ; en revanche, si le vendeur se rétracte, il doit vous rembourser le double.
Quelle est la différence entre l'acte public et la remise des clés ?
L’acte public (escritura) est signé devant notaire et transfère la propriété ; c’est le moment où vous payez le solde du prix. La remise des clés a lieu immédiatement après la signature, sauf accord contraire (par exemple, si le vendeur reste quelques jours), mais en général elle est simultanée.
Dois-je faire appel à un avocat ou un gestor pour l'achat ?
Il est fortement recommandé d’engager un avocat indépendant (coût : 1 000 à 2 500 euros) pour vérifier les titres de propriété, les charges et le contrat. Un gestor peut vous aider pour les démarches administratives (impôts, enregistrement), mais l’avocat protège mieux vos intérêts juridiques.
Comment se passe l'inscription au registre de la propriété et le paiement des impôts ?
Après la signature, le notaire envoie l’acte au registre pour inscription, ce qui prend de 1 à 3 mois. Vous devez payer la taxe de mutation (ITP ou IVA selon que le vendeur est un particulier ou un promoteur) dans les 30 jours suivant la signature, ainsi que les frais de notaire et de registre.
Que se passe-t-il si je finance l'achat avec une hypothèque espagnole ?
Vous devez obtenir une offre hypothécaire avant la signature, avec un apport personnel d’au moins 20 à 30 % du prix (plus les frais). La banque exigera une évaluation officielle du bien (300 à 600 euros) et vous devrez signer l’acte hypothécaire devant notaire en même temps que l’acte de vente.